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 Interview de Philippe Lemaire

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Philippe Lemaire
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MessageSujet: Interview de Philippe Lemaire   Sam 29 Jan - 12:43

Je retranscris ici en totalité l' interview que j' ai donnée à la Confrérie de l' Imaginaire. Le principe de cette interview est basé sur 3 questions où l' interviewé est appelé à développer. Mon univers fantastique ou encore notre façon de travailler y sont ainsi détaillés.

Trois questions à Philippe Lemaire...

Philippe Lemaire est une des trois chevilles ouvrières ayant commis le délicieux Radu Dracula, album de BD que nous avons chroniqué pour vous.

Il nous fait le plaisir de répondre à nos trois questions, avec la verve et la sympathie d'un ami.

Découvrez un personnage insolite, sa manière de travailler, ses goûts et surtout sa plume...






MilieWB:

Philippe Lemaire, qui êtes vous?




Philippe Lemaire:

Je suis un être humain de sexe masculin, de nationalité française, j'ai 47 ans, suis marié, père, grand-père et j' écris et dessine des histoires de vampires.

J'aurais pu écrire et dessiner des histoires à l'eau de rose ou des histoires avec des petits lapins dans les champs pour amuser les enfants mais... non... une force irrésistible m'a entrainé sur les chemins du fantastique, et ce depuis déjà bien longtemps.

J'ai passé les premières années de ma vie dans un cimetière. Mon grand père en était le gardien et comme souvent dans ce cas, sa maison avait été construite dans l'enceinte même du cimetière, celui de Cherbourg. C'est donc là que je fis mes premiers pas. Une fois les grilles fermées en fin de journée, le cimetière devenait mon terrain de jeu, il était à moi. Je connaissais tous les recoins de ce cimetière situé sur un terrain irrégulier aux pentes abruptes et ombragé par de grands marronniers. Chaque tombe m'était familière, aussi bien les anciennes qui dataient de Napoléon que les nouvelles qui apparaissaient sans cesse, quelle que soit la saison. C'est dans ce cimetière que j'ai découvert que l'on pouvait jouer avec sa peur. Mon grand père me taquinait en me disant que je n'étais pas capable de traverser le cimetière une fois la nuit tombée et je relevais le défi à chaque fois, malgré la présence de ces maudits feux follets qui me faisaient toujours sursauter.

Quelques années plus tard, j'ai vu mon premier vampire. Il s'appelait Von Krolock. Le film passait le soir dans la section "arts et essais" du cinéma de l'école et on nous l'avait présenté comme une parodie, un film rigolo... Hélas, je n'avais pas le recul nécessaire à 8 ans pour capter l'humour de Polanski et ce Comte Von Krolock ainsi que toute la clique qui peuplait le cimetière de son château m'avaient foutu une frousse de tous les diables ! Mais une frousse teintée d'attirance... Ce château et ses occupants effrayants avaient quelque chose de féerique. Il se passe rarement une année, aujourd'hui encore, sans que je ne me replonge avec délices dans ce "Bal des vampires".

A l'adolescence, il allait de nouveau être question de vampires mais cette fois, c'est moi qui étais au centre du sujet. Ma mère jugeant que mes canines supérieures prenaient des proportions invraisemblables, elle me conduisit chez un dentiste. Les paroles de ce dernier résonnent encore dans ma tête : " Mais vous ne pouvez pas le laisser comme ça ! On dirait un vampire ! " . C'est ainsi que je fus dépossédé de deux attributs somme toute naturels au moyen d'une roulette de dentiste. Quand je pense que certains "gothiques" aujourd'hui cherchent à se faire implanter des dents de vampire...

Ce nouvel épisode avait cependant piqué au vif ma curiosité. Les images du « Bal des Vampires » hantaient toujours mes nuits et voilà que j'avais dû aller me faire limer les canines. Qu'en était-il réellement de ces histoires de vampires ?... Commença alors une quête de connaissances à ce sujet qui se poursuit encore aujourd'hui. Je fis le tour de ce que le cinéma proposait sur le sujet (les 2 Nosferatus, les Dracula de la Hammer, etc...) ainsi que la littérature (le Dracula de Stoker, Carmilla de le Fanu, La Morte Amoureuse de Gauthier, etc...). C'est à cette époque que je faillis m'orienter vers une carrière de dessinateur de BD. Mon "coup de patte" naissant avait attiré l'attention d'une revue régionale à Manosque où nous vivions désormais mais mon entourage m'en dissuada immédiatement : " c'est pas un métier ça ! ".

A l'âge de 20 ans, la destinée m'attira de nouveau sur un sombre sentier. Sans être comparable à la crise actuelle, le chômage sévissait déjà en France en 1984 et je me suis ainsi retrouvé à tenter ma chance aux... Pompes Funèbres Générales... Contrairement à d'autres branches que j'aurais préférées, on ne me ferma pas la porte au nez cette fois, et je me retrouvais à vendre des cercueils et à organiser des enterrements à Dieppe. Ca durera 11 ans au gré de mutations régulières en Normandie. Etant devenu cadre, je finis par quitter cette maison où le profit prenait le pas sur les services ; comme quoi je ne suis pas un authentique "vampire"...

Je pris ensuite un bar avec mon épouse pour le revendre au bout de 11 nouvelles années. Et après ? Que faire à plus de 40 ans après avoir été cadre et indépendant ? Les vampires trottaient toujours dans ma tête et ma prédisposition naturelle pour le dessin ne m'avait pas quitté. Dès lors, pourquoi ne pas tenter le coup de vivre de cette passion du dessin cumulée à celle de mes sangsues favorites ? Il me sembla que c'était le moment où jamais.

C'est ainsi que j' ai fait la connaissance de Philippe Ward, auteur de littérature fantastique et Directeur de la Collection Rivière Blanche qui cherchait à s' essayer à la bande dessinée en tant que scénariste. Voilà bientôt 4 ans que nous sommes complices. Un premier essai avec une bande dessinée fantastique se déroulant au cimetière (encore !) du Père Lachaise avant que nous nous entrainions mutuellement sur nos terrains de chasse favoris : je l'ai pour ma part convaincu de travailler sur le thème de Dracula tandis qu' il parvenait à me convaincre de m' essayer à l' écriture de romans.

Le chemin est encore long pour découvrir ce qu'il me reste à découvrir au sujet de mes monstres favoris et un voyage en Roumanie n'aura pas suffit pour trouver des réponses à toutes mes questions. Les roumains des campagnes transylvaines sont peu loquaces sur le sujet et le "Dracula Tour" ou autres "touristeries" ne m'attirent guère. Je cherche à puiser des renseignements dans les vieilles légendes locales, les croyances réelles des habitants des Carpates et les mots sont souvent durs à sortir. J'ai par exemple cherché des ruines près du col de Borgo comme nombre de touristes. Et comme nombre de touristes, on m'a indiqué l' hötel Castle Dracula quand on ne me conseillait pas carrément d'aller plutôt visiter les monastères de Bucovine ! Il y a pourtant bien des ruines à la réputation douteuse à quelques kilomètres du col... Il faudra que j'y retourne... J'avance cependant dans mes recherches, lentement mais sûrement. Internet est une mine de renseignements et la Roumanie n'est pas si loin.



Pouvez-vous nous parler de la façon dont vous avez travaillé avec Philippe Ward et Alexis Vieillard-Baron?



La façon dont je travaille avec Philippe et Alexis est basée sur le principe que chacun a son mot à dire sur tout. Ainsi, personne n'est enfermé dans son rôle principal et peut - et doit ! - donner son avis sur la prestation des autres dès qu'il juge utile de le faire. Philippe n'est pas particulièrement habile avec un crayon mais ça ne l'empêche pas de me faire refaire un dessin qui ne lui plait pas ou de faire une remarque sur la colo d'Alexis. Alexis qui est aussi dessinateur agit de même et ne se prive pas de faire des remarques sur le scénario si quelque chose l'interpelle. En général, lorsque quelque chose ne nous convient pas dans le travail des autres, on s'efforce de proposer des solutions afin que le problème soit vite réglé. Dans tous les cas, chaque désaccord fait l'objet d'une discussion qui aboutira à un accord. Ces désaccords sont cependant rares car nous sommes tous les trois des passionnés de fantastique et nos sensibilités par rapport à ce genre sont assez proches.

Lorsqu' on démarre un nouvel album, la première partie du travail revient surtout à Philippe et moi qui sommes en charge du scénario. il nous faut commencer par définir le contenu général de l'histoire, ce qu'on va raconter dans ce nouvel opus. Un des principes établis pour la série des Radu Dracula est que chaque album doit avoir sa propre intrigue et sa propre fin. Une fois les grandes lignes de l'intrigue établies, on dispose d'un synopsis qu'on va découper en chapitres, c'est le moment de gérer l'utilisation des flash-back qu'on utilisera systématiquement. Le format standard d'un album BD étant de 46 pages, à nous de définir la place à donner à chaque chapitre. Ils peuvent être courts (3 / 4 pages) ou longs (8 / 10 pages) en fonction du contenu, des points qu'on souhaite présenter brièvement et de ceux qu’on souhaite développer. C'est le moment de gérer le rythme de l' album. Lorsque le nombre de pages de chaque chapitre a été défini, il est temps de passer aux brouillons de chaque page qu'on appelle story-boards.

C'est moi qui m'y colle et je commence par placer les vignettes, puis par définir les cadrages et angles de vue et enfin la position et l'emplacement approximatifs des personnages, des objets et des bulles. Le contenu des bulles peut avoir été établi d'avance (par Philippe et moi) comme ce fut le cas pour le tome 1 ou être réalisé au moment des story-boards comme c'est le cas pour le tome 2. Une fois les story-boards réalisés, c'est le moment où chacun doit impérativement donner son avis car il est aisé de les modifier.

L'étape suivante est la réalisation des crayonnés sur les planches définitives. Il sera encore temps de les modifier si besoin est, mais on essaye d'éviter d'avoir à le faire car les crayonnés sont assez détaillés et toute modification occasionne une perte de temps bien plus conséquente que la modification d'un story-board. Cette étape est enfin suivie de l'encrage où je commets l'irréparable.

La planche encrée est ensuite scannée et arrive entre les mains d'Alexis. Suivant les chapitres, la manière de procéder est alors différente. Si Alexis "sent bien" telle ou telle partie de l'histoire, il attaque la colorisation avec les choix de couleurs qu'il aura faits. S'il se sent moins à l'aise sur un chapitre, il me demande mon avis et on discute jusqu' à trouver l'option qui nous semble la meilleure. Mon encrage étant très chargé, la difficulté pour Alexis est de ne rien retirer des effets de l'encrage (textures, ombres, etc...) tout en les renforçant. Dans certains cas, il se peut aussi qu'il ait besoin de "passer par dessus" l'encrage, d'en effacer une partie avec la couleur quoi. Ces étapes un peu délicates sont toujours réalisées après concertation. La documentation utilisée pour des bâtiments historiques ou des objets anciens est commune au dessinateur et au coloriste afin d'en obtenir une représentation la plus juste possible.

Une fois la colorisation d'Alexis terminée, elle est soumise à l'avis de ses deux complices et contrairement à l' encrage, toute modification reste possible. Alexis utilise en effet une colorisation numérique (basée sur la superposition de calques) tandis que je travaille " à l'ancienne " : crayons, plumes, pinceaux et encre de chine.



Pour la dernière question, je voulais vous demander de nous faire partager vos goûts en matière de fantastique, en nous présentant un artiste, ou une oeuvre, qui vous plait mais reste peu connu ou encore inconnu.



Faire partager mes goûts en matière de fantastique à travers des artistes méconnus va, hélas, se révéler impossible pour moi car ceux qui ont ma préférence ont tous une certaine notoriété et sont pour la plupart devenus des "classiques".

Je vais néanmoins détailler qui ils sont et pourquoi j'aime leurs créations. Avant de le faire, je tiens à préciser que les artistes ne sont pas les seuls responsables de mon goût pour le fantastique, même s'ils y ont fortement contribué pour certains. Le cimetière où j'ai grandi, par exemple, avait quelque chose d'authentiquement fantastique avec ses grands arbres, ses tombes multi-centenaires et son terrain en pente irrégulière. Le côté naturellement fantastique des Carpates est bien réel aussi comme le sait tout voyageur ayant fréquenté l'endroit. Enfin, impossible de parler de mes penchants pour le fantastique sans parler de la pratique du spiritisme qui m'a parfois fait vivre des moments tout à fait fantastiques !

Mais venons-en aux auteurs. Deux m'ont plus particulièrement marqué : l'un avec le cinéma, l'autre par la littérature.

Pour le cinéma, je l'ai déjà mentionné en répondant à la première question, c'est « Le Bal des Vampires » de Polanski. Le fait que j'ai découvert ce film à l'âge de 8 ans y est forcément pour quelque chose, mais quarante ans plus tard, le charme de ce film reste intact à mes yeux. Je ne conçois pas le fantastique sans la beauté car je trouve que c'est elle qui permet à la noirceur de donner sa pleine mesure, un peu comme le Bien met en évidence les monstruosités du Mal.

Or, ce Bal des Vampires est beau. Les décors naturels de montagnes enneigées sont quasi-féeriques, le château du Comte Von Krolock est majestueux - tout en restant réaliste - et surpasse de loin les productions de la Hammer. Les intérieurs du château sont somptueux, chaque objet est une oeuvre d'art mais... tout est corrompu par le Mal qui règne en ces lieux.

Les araignées se sont chargées d' aménager le décor, les tableaux représentant des générations de Von Krolock sont grandioses mais les personnages peints ont vraiment de sales mines, et l' actuel Comte Von Krolock est plutôt bel homme, richement vêtu, distingué et courtois mais... il est si pâle... ses regards sont si inquiétants... révélateurs de la contradiction qui habite ces lieux : on imagine sans peine que ce château a dû être un château de contes de fées dans le passé et que quelque chose est venu corrompre l' endroit. Que le Mal y règne désormais en Maître.

Le professeur Abronsius, représentant du Bien sous les traits d'un Einstein farfelu, s'efforcera bien d'arracher la belle Sarah aux griffes de la famille Von Krolock mais comme disent les roumains : "autant mettre le doigt dans la mer pour en mesurer la profondeur". Une oeuvre fantastique ne peut pas, ne doit pas, se conclure par la victoire du Bien. C'est contre-nature !

Pour conclure, je citerai quelques autre films qui ne m'ont pas laissé indifférent, ils ont hélas tous de l' âge car je ne suis guère réceptif aux versions de ces dernières années qui ont choisi d' oublier les bases du mythe. Je mentionnerai donc :

- Le Nosferatu de Murnau pour le jeu hallucinant de Max Shreck qui reste inégalé à ce jour d' après moi.

- Le Nosferatu d' Herzog pour sa sombre beauté. (Klaus Kinski y est magistral aussi)

- Les Subspecies de Ted Nicolaou qui reviennent aux bases du mythe avec un Radu terrifiant.

- et le Dracula de Coppola quand même pour sa beauté, bien que je lui reproche d'avoir dénaturé le vampire de Stoker.

Stoker. Peut-on parler de fantastique sans parler de Bram Stoker aujourd'hui ?

Vous l'aurez compris, le Dracula de Stoker est ma référence littéraire, et ce pour à peu près les mêmes raisons qui font du « Bal des Vampires » ma référence cinématographique.

Ce roman est beau. "Peut-être le plus beau de tous les temps" disait Oscar Wilde et je suis d' accord. Sans jamais avoir été dans les Carpates d' après ce que disent ses biographes, Stoker est parvenu à retranscrire la beauté et la magie des Carpates dans son récit. Certes, le col de Borgo est en réalité moins escarpé que les descriptions stokeriennes le laissent imaginer mais l'endroit n'en demeure pas moins inquiétant quand on le gravit en partant de Bistrita. Mon épouse (qui n'est pas une fan de fantastique) aura eu ces mots en arrivant au pied de la route sinueuse qui escalade le col : "C'est vraiment comme on imagine !".

Son vampire est noir et corrompu, cruel et vicieux, mais on devine qu'il ne l'a pas toujours été. "Moi aussi je peux aimer. Souvenez-vous" fait dire Stoker à Dracula lorsqu' il s'adresse à ses compagnes. Rappeler régulièrement au lecteur qu'aussi monstrueux que soit devenu le vampire, il a été un humain comme les autres est à mon sens une des clés du succès de ces créatures ; chacun peut ainsi se demander quel sorte de vampire il ferait...

La beauté chez Stoker ne se limite pas aux décors et concerne essentiellement les personnages dans la seconde partie de son récit. Ses héros présentent presque tous une grande beauté intérieure, ils sont les purs représentants du Bien face au monstre qui incarne le Mal. Ils sont d' ailleurs presque trop beaux et leur quasi-perfection peut paraitre désuète aujourd'hui, mais la "sauce" qui veut que le Mal n' apparaisse dans toute sa splendeur que lorsqu' il est face au Bien fonctionne très bien chez Stoker.

Comme beaucoup, j'ai été surpris par la fin de son récit, certains ont mis cette fin sur le compte de la censure qui sévissait à l'époque, toujours est-il qu' il n' est pas crédible pour des lecteurs avertis que son vampire soit détruit au moyen d' un couteau alors qu' il a essuyé sans peine la même attaque à bord du Demeter.

Un fait troublant dans le roman de Stoker est la part de vérité qui plane autour de son récit. Indépendamment du fait que l'intrigue se déroule dans des lieux existants, un lecteur un peu curieux s'apercevra que ces lieux n'ont certainement pas été choisis par hasard.

La Roumanie, comme toute la région des Balkans, est effectivement l'endroit où ont été recensés de nombreux soi-disant cas de vampirisme et il y a effectivement des ruines d'un château près du col de Borgo. A Rachitaua précisément.

La légende concernant le vampire du cimetière londonien d' Highgate (qui recevra la dépouille vampirisée de Lucy dans le roman) est bien antérieure aux faits s'étant produits dans les années 1970 et serait même antérieure au récit de Stoker. Qu'en est-il réellement ? Nous ne le saurons probablement jamais.

Enfin, Stoker a utilisé "un" Dracula pour en faire son vampire. Une chose dont je suis certain, c'est qu' il ne l' a certainement pas fait par hasard. Que lui a raconté Arminius Vambéry de l'université de Budapest au sujet des Dracula ? Nous n'en saurons probablement rien non plus. Toujours est-il que pour ceux qui font des recherches au sujet de cette famille, il apparait assez vite qu'on n' a pas affaire à une famille ordinaire. Pour corser les supputations, Stoker a pris bien soin de ne jamais prénommer son "Comte" Dracula...

Voilà donc résumés les éléments qui font que ce livre est un peu " ma bible ". Notre version du vampire Dracula ne démentira d' ailleurs jamais la version stokerienne, lui rendant même une sorte d'hommage lorsque nous revisiterons certaines parties de son récit.

Ne pas citer quelques autres auteurs du sujet serait une injure à leur talent, mais en même temps, il me serait impossible de tous les citer, mes connaissances littéraires sur le sujet étant de toutes façons limitées. Je me contenterai donc de citer :

- Carmilla de Sheridan le Fanu, un autre irlandais qui a précédé Stoker avec sa nouvelle courte mais somptueuse.

- Cristina de Mircea Eliade car j'aime quand ce sont les roumains eux-mêmes qui écrivent sur "leurs" vampires.

- Fred Saberhagen (Les Confessions de Dracula, Un Vieil Ami de la Famille, L'échafaud pour Dracula) pour sa grande connaissance du mythe, l' humour décalé qui émaille ses récits et pour s' être aperçu que le prince Vlad n' était pas le seul à avoir porté le nom de Dracula.

- Brian Lumley (Nécroscope, Vamphyri) qui parvient à proposer une approche moderne du mythe en lui conservant ses origines.


Merci à Philippe pour le temps qu'il nous a accordé et cette plongée dans son monde plutôt fascinant...

Lien vers le site de la Confrérie :
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wizburf
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MessageSujet: Re: Interview de Philippe Lemaire   Dim 30 Jan - 17:11

il est intarissable sur le sujet tashunka !!

Tiens, concernant les cimetierre, ca m'a rappelé que moi même j'ai passé une partie de mon enfance dans un cimetierre : j'habitais a Charleville, dans un immeuble dont l'espace vert (qui nous fournissait chaque mercredi apres midi et dimanche de délicieuses sensations simiesques a grimper en haut des arbres, pour se donner le vertige, ou attraper noisettes, noix, ou enfin gagner l'accès au toit du 2eme étage de la construction d'à côté en bravant l'interdiction de nos parents pétrifiés de peur a l'idée des conséquences définitives d'une chute sur le macadam 5-6 mètres plus bas...), était mitoyen du cimetierre principal de la ville (celui qui contient la tombe d'Arthur Rimbaud). Un poirier avait comme fait exprès été planté au ras du mur, et n'avait pu pousser qu'en se collant à celui-ce et en prenant la forme d'une échelle quasi parfaite.

Nous pouvions donc grimper sur le muret, marcher en funambule le long jusqu'a une tombe permettant de descendre sans grand risque de l'autre côté, ou de revenir. Plus dangereux (car le terrain descendait rapidement du côté opposé), nous pouvions en sautant en bas du mur aller jouer sur le stade de foot municipal (ou resquiller les jours de matches officiels ^^).

On pouvait ensuite aller explorer jusqu'au soir ou a l'heure d'entendre les mamans hurler le rappel depuis les fenêtres. Les premiers gosses a avoir pratiqué ce type d'exploration avaient instauré la phrase rituelle "pardon Dieu", qu'on devait absolument prononcer chaque fois qu'on se servait de la tombe-escalator, sous peine d'être maudits ou de se faire barrer l'accès à la redescente par les autres gosses et être coincé comme un c... sur le muret et se mettre à pleurer et supplier pour pouvoir sortir de ce mauvais pas !!
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Philippe Lemaire
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MessageSujet: Re: Interview de Philippe Lemaire   Lun 31 Jan - 17:18

Oui, je connais un peu le sujet... Embarassed Laughing

Alors comme ça, toi aussi ??? Suspect

Super terrain de jeu quand on est petits hein ?... Wink

Faut juste par se faire choper quand on abuse... Embarassed

Pour ma part, mon grand-père "trichait" quand il battait le rappel : il lâchait son berger allemand qui nous ramenait par la peau du c... s' il le fallait... Tsss... Même pas joueurs les anciens... lol!
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DédéJojo
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MessageSujet: Re: Interview de Philippe Lemaire   Mer 2 Fév - 12:43

Interessant, les questions sont assez banales mais tu réussis à les rendre intéressantes.
Philippe Ward a eu raison de t'inciter à écrire, c'est agréable de te lire et je ne suis pas un lecteur assidu.
J'ai vraiment été accroché à tes réponses 1 et 3, j'ai lu ces parties en entier, vraiment passionnant.
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Philippe Lemaire
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MessageSujet: Re: Interview de Philippe Lemaire   Jeu 3 Fév - 12:29

DédéJojo a écrit:
Interessant, les questions sont assez banales mais tu réussis à les rendre intéressantes.
Philippe Ward a eu raison de t'inciter à écrire, c'est agréable de te lire et je ne suis pas un lecteur assidu.
J'ai vraiment été accroché à tes réponses 1 et 3, j'ai lu ces parties en entier, vraiment passionnant.

Ile pas raie queue jeux fée mouain deux phôtte queue seux convoi parts foies sûre lait faux rhums an nez fait... lol!

Philippe a bien fait, oui, je crois... Ca m' amuse beaucoup en tout cas et... c' est bien plus rapide de remplir des pages avec du texte qu' avec des petits dessins à l' encre de chine !!! bounce

Va falloir que tu lises le roman là... study Suspect study affraid
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DédéJojo
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MessageSujet: Re: Interview de Philippe Lemaire   Sam 5 Fév - 19:30

bientot bientot Smile
D'ici deux mois je te fais la commande.
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MessageSujet: Re: Interview de Philippe Lemaire   

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