Extrait tiré du site de Philippe Marlin et Micdouille où est relatée l' expérience d' une nuit au château de Poienari.
La résidence de Vlad Tepes ne fut réellement connue qu’en 1960 grâce aux recherches de deux scientifiques Raymond T. McNally et Radu Florescu qui considérèrent le personnage historique comme étant celui dont s’inspira Bram Stoker pour créer le personnage de Dracula. Pour l’intérêt touristique de la région, le gouvernement alloua quelques crédits en faveur de la restauration des lieux|18| . A propos de Vlad Tepes, on le considéra longtemps comme un vampire, thèse que soutint Bram Stoker en utilisant son modèle afin de façonner le personnage de Dracula. Aussi Florescu et McNally affirmèrent, d’après certains documents découverts, que le prince buvait parfois le sang de ses victimes empalées. Cependant, la pratique, qui consistait à boire le sang de l’ennemi, valait, en ces temps, symbole de victoire totale. On en usait également au Moyen-Age sans que cela fut pour autant assimilé au vampirisme.
Pourtant, il se dégage de ces lieux une atmosphère mystérieuse. En 1977, l’aventurier Vincent Hillyer obtint des dirigeants roumains l’autorisation exceptionnelle de passer une nuit seul au château. Fort de cette expérience, il devint rapidement spécialiste en matière de vampirisme et de paranormal. Son ouvrage Vampires fut publié en 1988.
Dans les années 50, il épousa Faterneh, la soeur cadette du Shah d’Iran. Toute sa vie fut animée de recherches sur le paranormal. Habitant Los Banos, en Californie, et membre du club Count Dracula Fan, il déclara un jour : “ Je me suis intéressé aux vampires dès ma jeunesse, après avoir vu Bela Lugosi jouer Dracula et, quelques années plus tard, Lionel Barrymore dans The Mark of the Vampyre. J’ai été attiré par le sujet. C'était toujours intéressant, amusant et distrayant. Plus tard, au collège, j’ai rencontré le docteur Hereward Carrington, un homme fort captivant, chercheur en paranormal, avec lequel j’ai participé à quelques expériences de télépathie et de télékinésie ”. Au cours de son entrevue, il affirma également avoir rencontré, pour la première fois, des êtres surnaturels à l’époque où il habitait Téhéran.
En 1974, Hillyer rencontra Raymond T.McNally et Radu Florescu, devenus spécialistes de la thèse qui rapproche Vlad Tepes à Dracula. Dès lors, Hillyer apprit l’existence des vestiges du château de Dracula et voulut à son tour les découvrir. La demande fut tout d’abord rejetée par les autorités roumaines. Finalement, au terme de quelques années d’attente, sa femme Fatemeh parvint à lui obtenir un visa.
Hillyer arriva en Roumanie en 1977. Il fut reçu à Bucarest par le ministre du Tourisme qui tenta de le dissuader de son projet nocturne, prétextant, non pas le danger du vampire, ni du loup ni de l’ours, mais de certaines lois roumaines prohibant le port d’armes.
Hillyer ne renonça pas pour autant à son idée et, accompagné d’un guide, entreprit un voyage à travers la Transylvanie pour rejoindre les ruines du château de Poenari. Parvenus au but, le guide l’abandonna.
“ Quand j’aperçus les derniers rayons du soleil, j’eus un frisson. C’était le château de l’homme, du monstre... enfin appelez comme vous voulez ce personnage de légende ; j’étais seul en son siège. Avec un peu de chance, je pourrais le voir ”.
Muni d’un plat, d’une lanterne et d’un peu de nourriture, il grimpa les mille cinq cent trente et une marches qui mènent à l’entrée du château. Au cours de l’ascension, il réalisa le danger que représentaient les ours.“ Il me fallut approximativement une heure et demie pour monter l’escalier. J’y parvins au moment où le soleil se couchait. Souffla alors un vent fort et froid, malgré le mois de juillet. Je cherchai dans un premier temps chambres et escaliers étroits afin de mieux m’orienter la nuit. Le soleil disparut et je restai dans la salle principale. La toiture était parsemée de trous, exposant ainsi le corridor à ciel découvert. Je préparai le dîner : fromage, pain et tomates, arrosés d’une bouteille de vin rouge. Le repas fut excellent et me reposa de ma difficile ascension. Soudain, me faisant face, j’aperçus quelques petites pierres qui commençaient à bouger avec l’arrivée de la nuit. Je les éclairai de ma lanterne et découvris qu’il ne s’agissait en fait que de l’œuvre de scarabées et de petites araignées répugnantes. Je jetai alors mon repas en leur direction afin de leur échapper. Ils dévorèrent le tout très rapidement.
La nuit, les lieux dégageaient une atmosphère particulièrement fantastique. Comme dans un film, les loups hurlaient ...
Un instant, je me souvins des propos avancés par les autorités roumaines au sujet des ours et des loups qui, la nuit tombée, se montrent particulièrement agressifs; Je m’accordai donc sur une chose : en cas de danger, un escalier en colimaçon menant à une chambre étroite me permettrait de fuir. Cette chambre était celle de la première femme de Dracula, d’où elle s’était défenestrée. Les habitants de la région affirment encore connaître un lieu où son sang colore l’eau de l'Arges. Je pense plutôt que cette couleur rouge est rendue par la coloration du sable qui recouvre les fonds de son lit.
Au cours de la nuit, de la fenêtre de ma chambre, j’observai le reflet de la Lune sur la rivière et méditai sur les dramatiques événements qui hantaient les lieux : pourquoi Dracula avait-il fui par son passage secret ... sans sa femme ? Soudain, j’entendis du bruit. Je regardai au bas de l’escalier sans ne rien déceler d’anormal. Finalement, je rejoignis ma chambre et me couchai. Inquiet, je parvins difficilement à trouver le sommeil malgré la fatigue. Mes songes furent d’abord agités puis tournèrent au cauchemar : embarqué sur un chariot tiré par deux chevaux, je poursuivais quelqu’un. A la sortie d’un virage, je rencontrai une gitane qui torturait un cheval étendu sur le sol. L’animal était mort et gisait les yeux fixés sur les cieux. A cet instant, je me mis à maudire cette femme.
Je me réveillai avec ce sentiment étrange d’être observé. Aussitôt, une douleur se déclara au niveau de ma clavicule. Par réflexe, je palpai la partie supérieure et découvris avec stupeur mon sang tacher le bout de mes doigts. Tout cela me parut invraisemblable. Mais la sensation d’être épié me tenait toujours et je décidai de ne pas me préoccuper de ma blessure. J’étais bien trop absorbé par l’identité de cette présence : je me surpris même, l’espace d’un instant, à penser qu’il pouvait s’agir de Dracula en personne. Soudain, mon regard s’arrêta net devant deux yeux humides. A ce moment, un loup, que je supposai vieux en raison de sa gueule grisâtre, déguerpit, laissant derrière lui une odeur de fleurs fanées envahir la pièce. Pourtant, aucune fleur ne remplissait les alentours du château ! L’aube approcha enfin alors que ma fatigue était totalement absorbée. Au loin, j’aperçus la lueur d’un feu autour duquel évoluait un groupe de gitans.Finalement, j’entrepris de descendre. Les premiers rayons du soleil ne parvenaient pas à percer les mus massifs du château et je dus me guider à la lanterne. De nouveau, j’entendis des pas me suivre. La panique s’empara de moi et intensifia mon allure. Les pas s’approchèrent de plus en plus, puis me dépassèrent. Deux chiens de chasse s’éloignèrent devant moi.
Je marchai ensuite à travers la vallée à la recherche d’un téléphone, que je trouvai à quelques kilomètres de la forteresse. J'appelai l’hôtel Posada où se trouvaient mon chauffeur et mon guide. Parvenu à Posada, je manquai de perdre connaissance sous la douleur de mon cou ensanglanté. A l’hôpital de Curtea-sur-Arges, mon guide refusa de croire à l’effet d’une morsure. Le médecin, lui, hésita quant à l’attitude à adopter : fallait-il s’en amuser ou bien s’alarmer de cette plaie ? Mais tous s’accordèrent à dire qu’il s’agissait plus probablement d’une morsure d’araignée plutôt que celle de Dracula. Toutefois devait-il s’agir d’une araignée géante puisque les deux protubérances étaient distantes d’au moins un pouce et demi. Finalement, la plaie se cicatrisa en quelques jours.
Dès mon retour aux Etats-Unis, soucieux de quelques problèmes de peau, je décidai tout de même de consulter un dermatologue. Il me découvrit une forte sensibilité au soleil et me conseilla de porter un chapeau. Ce diagnostic ne manqua pas de m’intriguer et je ne pus m’empêcher de lui raconter l’épisode du château. Sa réponse fut évidemment conforme à toutes celles exprimées avant : mon histoire ne manquait pas d’intérêt, mais la vérité mettait uniquement en cause la forte réaction de mon épiderme aux rayons du soleil.
Décidément, le cerveau est une entité bien étrange. Voilà déjà treize ans que je ne sors plus sans ce même chapeau qui me protège de la lumière directe ”.Hillyer discuta de son expérience avec de nombreuses personnalités , notamment le professeur Corneliu Barbulescu de l’Institut du Folklore de Bucarest, Florescu et McNally évidemment, et la doctoresse Devanda Varam, une vampirologue indienne. Ces divers échanges de points de vue lui permirent d’en conclure à la présence, au sein du château, d’un magnétisme paranormal favorable au Mal, en raison de son histoire sanglante et du fait que ses murs reposent sur un sol fertile en cadavres. L’odeur de fleurs fanées confirmait sa thèse puisqu’il la considérait comme un signe de possession.
De plus, Hillyer développa la théorie du “ facteur hémolytique ” selon laquelle le corps astral du vampire possède le pouvoir de pénétrer l’aura et l’enveloppe charnelle de ses victimes, lui permettant ainsi de les vider de leur sang.

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